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6 289 VINS ET SPIRITUEUX À DÉGUSTER en 3 jours, 54 pays producteurs et 556 AOC représentées, 250 dégustateurs de 41 nationalités, ce sont en vrac quelques chiffres qui révèlent l’importance de la 16e édition du Concours Mondial de Bruxelles qui s’est clôturée ce lundi 27 avril à Valence (Espagne). Le grand public connaît le Concours par les médailles qu’il découvre sur les bouteilles et lui permettent de conforter ses choix en lui offrant une garantie de qualité. Pour mieux comprendre le fonctionnement du Concours, nous vous proposons de vous glisser dans la peau d’un membre du jury participant à une journée de dégustation.
08H00 : Petit-déjeuner, léger car les papilles sont plus alertes avec l’estomac vide. On évite l’amertume du café et l’acidité des jus de fruit qui troublent les perceptions gustatives.
09H00 : Ouverture des portes de l’impressionnante salle de dégustation climatisée à 20 °C et parfaitement éclairée où sont disposés 250 postes de dégustation répartis en 46 commissions de 5 ou 6 dégustateurs. Sur la table de travail napée de blanc, sont disposés 3 verres en cristal Spiegelau, une bouteille d’eau plate, des biscuits secs non salés qui permettent de neutraliser la bouche, un crachoir, un stylo et les fiches de dégustation. Présentation des membres de la commission qui vont déguster 50 vins pendant 3 matinées (on ne déguste pas l’après-midi car les papilles sont trop fatiguées, et leur seuil de perception est fortement réduit après le repas de midi). Parmi eux un journaliste chilien, un œnologue français, une sommelière japonaise et le responsable des achats 'vin' d’un grand distributeur belge.
09h15 : Le silence est total et le restera jusqu’à la fin de la matinée. Toute communication, même par gestes, est strictement interdite pour empêcher d’influencer les dégustateurs et faciliter leur concentration. On a l’impression d’assister à une grand-messe. Le président du Concours rappelle que l’objectif est de coter les vins en toute indépendance et impartialité afin de décerner un maximum de 30% de médailles (Grande Médaille d'Or, Or, et Argent). Il nous invite à être discriminant, c’est-à-dire à ne pas hésiter à donner de très bonnes notes aux meilleurs vins et de pénaliser fortement les vins qui ne méritent pas de médaille. Une nouveauté cette année: la fiche de dégustation ne nous permet plus de coter la couleur des vins qui est un critère jugé trop subjectif, on peut juste sanctionner un échantillon pour un éventuel défaut, comme par exemple un vin trouble.
09h30 : Service du premier vin de mise en bouche. Tous les dégustateurs reçoivent le même vin qui est commenté et noté publiquement afin d’harmoniser les cotes, histoire de donner le la, comme avant un concert pour mettre tous les musiciens au diapason.
09h45 : Dégustation d’une première série composée de 17 vins blancs. La seule information disponible est le millésime, tous des 2008. Ce sont certainement des sauvignons, mais à l’aveugle il est difficile de déceler leur origine. Pour chaque échantillon on évalue la vue, la qualité du nez et la persistance des arômes et, en bouche, la finesse, l’intensité et l’équilibre des saveurs. Les fiches de dégustation sont ramassées et contrôlées par le président du jury.
10h45 : Une pause bien méritée permet de se refaire la bouche après cette série marquée par l’acidité.
11h00 : On attaque une nouvelle série de 16 vins rouges aux origines mystérieuses mais dominés par le Cabernet Sauvignon. Sans doute des vins chiliens ou californiens, difficile de se prononcer. Le président rappelle les dégustateurs à l’ordre et demande de répéter la dégustation du 7ème échantillon car les notes sont trop dispersées. Il s’agissait d’un vin dont le caractère boisé a été jugé excessif par les dégustateurs européens et équilibré par le dégustateur chilien, ce qui est révélateur des différences de perception de certains marchés.
12h00 : On termine par une série de vins fortifiés. Ici pas de mystère, on reconnaît de suite la complexité des Portos Vintage.
13h00 : Fin de la dégustation. |