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Conférence Concours Mondial du Sauvignon 2012 Sauvignon blanc, un globe-trotter de caractère

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A l’occasion de la troisième édition du Concours Mondial du Sauvignon, une conférence fut organisée et animée le 15 mars dernier à Bordeaux par le journaliste britannique David Cobbold. L’occasion de dresser le portrait des typicités du cépage sauvignon sur différents terroirs dans le monde : Nouvelle-Zélande, Loire Touraine et Centre-Loire, Bordeaux et Italie. Un tour du monde partiel qui illustre les propos du professeur Denis Dubourdieu, parrain historique du Concours, pour qui la forte personnalité du sauvignon – sa diversité d’expression selon les climats et les terroirs – le distingue parmi les plus grands cépages blancs.

David Cobbold résume ainsi l’intention de la conférence : introduire au travers de l’intervention de cinq experts, ce cépage prestigieux qui comporte une grande variété de styles et de typologies de vins, y compris au sein d’un même pays. Le sauvignon est présent dans beaucoup de pays et tous ne peuvent être visités au cours de cette première conférence : Bordeaux, la Loire – avec la Touraine et le Sancerre, la Nouvelle-Zélande et l’Italie constituent cette première étape.

 

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Axel Marchal - Chercheur à la Faculté d'Œnologie de Bordeaux
Thèse de docto
rat sous la direction de Denis Dubourdieu, sur la sucrosité des vins secs

« Si Bordeaux n’est pas la zone la plus septentrionale pour la culture du sauvignon, la situation géographique est suffisamment nordique pour que nous trouvions ici une vraie diversité dans l’expression de ce cépage. Une diversité modulée par le millésime qui a une incidence importante sur l’expression des vins de par son influence sur le cycle végétatif.

« A Bordeaux, le cycle de maturité est plus court que dans la Loire, mais nous avons par exemple des expressions optimales dans les années tardives. Le millésime 2010 en est une illustration et les sauvignons développent des arômes très personnels.

« Cette incidence climatique est également relayée par la diversité des terroirs de Bordeaux, la pluralité des sols qui sont dédiés à la culture du sauvignon permettent de proposer une gamme de styles : le sauvignon fruité aux notes agrumes intenses qui se doublent dans les années plus fraiches d’une tonalité végétale noble (fougères, genêts ou buis) qui sont la marque de ce cépage. D’autres terroirs bordelais présentent d’autres nuances : les argileux sont moins frais, moins acides. Les graves sont souvent associés au sémillon et généralement élevés en fûts de bois. »

Dégustation - Château Reynon 2010 (Premières Côtes de Bordeaux). Les vignes sont situées sur des sols calcaires. La robe est très pâle et son évolution lente. Le nez résume certains des aromes évoqués précédemment : agrumes, bergamote, nuances de fougères, de genets et de bourgeons de cassis. En bouche, l’acidité est prononcée – les sauvignons de Bordeaux sont des vins frais, équilibrés par une douceur, une « sucrosité non sucrée » (au sens qu’elle n’est pas conséquence de sucres résiduels). La finale est fraiche, pas de sensation de lourdeur ou tannique qui pourrait s’apparenter à de la rusticité. Ce vin est élaboré en cuves inox (80%) et cuves bois de grand volume (20%) : on fuit les notes boisées mais on cherche à accentuer cette sensation de douceur en bouche. Prix de vente : 5-12 €.

 

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Paul White - journaliste

« Mon objectif pour cette conférence est de placer la Nouvelle Zélande en perspective : la Nouvelle-Zélande est située entre les latitudes qui correspondent en France à Bordeaux au nord et la Loire au sud.

« Le pays est formé par deux îles, celle du nord est plutôt spécialisée dans les vins rouges (cabernet sauvignon, cabernets francs, syrah) alors que l’île du sud a un climat plus frais et est une référence pour sauvignons blancs, rieslings, ou pinots noirs. Marlborough à l’extrême nord-est de l’île méridionale est la région la plus célèbre qui a fait la notoriété des sauvignons blancs néozélandais.

« La disparition de la couche d’ozone dans l’hémisphère sud est un phénomène qui affecte la Nouvelle-Zélande. Le ciel y est très clair et la luminosité y est de 30% supérieure à celle que l’on peut trouver à une latitude équivalente en France. Cette luminosité est un facteur très important dans la maturation des raisins. Cette luminosité intense accroit la maturation du fruit à niveau d’acidité égal – les sensations aromatiques sont par conséquent intensifiées. La luminosité est équivalente à celle du Sahara mais avec un climat beaucoup plus frais – où l’influence de l’Océan et de l’Arctique est exacerbée : l’acidité est dès lors maintenue, et on peut la comparer à celle de vins septentrionaux européens comme ceux de la Moselle ou du Rheingau. »

Dégustation 1 - Sauvignon Blanc Clos Henri 2011 (Marlborough). Un vin au style classique : forte expression variétale (fruit de la passion, agrumes), une salade de fruits exubérante avec des notes végétales intenses qui rappellent la feuille de tomate. Ces vins sont les partenaires de choix de la cuisine asiatique très présente en Nouvelle Zélande. Prix de vente : 10-12€

Dégustation 2 - Kidnapper Cliffs – Solan 2009 (Hawkes Bay). Le second vin néozélandais dégusté provient de la Baie de Hawkes qui rappelle le style bordelais avec un climat nettement plus chaud. Les vins de la région sont souvent vinifiés comme le seraient des chardonnays (assemblage, élevage en bois). Expression marquée d’agrumes et de fruits de la passion mais le végétal est ici absent. Ces vins aptes au vieillissement sont plus à l’aise en compagnie d’une cuisine plus classique. Prix de vente : 10-12€

 

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Jean-Pierre Gouvazé - Délégué Régional du Bureau des Vins de la Touraine

« La région de Touraine est une des 4 sous-régions de la Vallée de la Loire, entre le Massif Central, l’Ile de France et l’Atlantique. On connait la région du Muscadet très proche de l’Océan, celle d’Anjou-Saumur sur la Vallée, la Touraine plus à l’est, enfin le Sancerre, dans le Centre-Loire. Située entre Tours et Blois, la Touraine viticole concentre 5 000 ha de vignes dont 2 000 de sauvignon blanc.

« D’un point de vue climatique, nous sommes sous la double influence océanique et continentale. Les trois terroirs dominants sont les argilo-calcaires, les silex et les sables. »

Dégustation : Domaine Thierry Michaud – Val de Loire Eclat de Silex - 2010. Le domaine et la parcelle sont situés sur la rive droite du Cher. La vigne a 45 ans. Le vin est élevé en cuve inox pendant un an. On retrouve les notes aromatiques typiques de ce cépage : l’herbe fraiche, les agrumes et parfois les fruits murs comme l’abricot voire le miel. En bouche, la structure de ces vins de Touraine repose sur la fraicheur, l’acidité leur tient lieu de colonne vertébrale. L’équilibre entre acidité et maturité sont la clé de ces vins qui sont à l’aise sur des plats de gastronomie classique. Les vins AOC Touraine sont vendus entre 4 et 8€. Celui-ci coûte 6/7€.

 

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Roberto Zironi – Professeur d’Œnologie à l’Université d’Udine (capitale du Frioul)

« Le sauvignon est particulièrement implanté dans le nord-est de la péninsule italienne. Sur les 3 693 hectares de sauvignon blanc plantés en Italie, la moitié de ces vignes se situent dans le nord-est de l’Italie (Frioul, Vénétie), et si on ajoute le Trentin, on atteint quelque 80% des sauvignons italiens.

« Les premières traces de ce cépage remontent au début du XVIIº siècle. Les conditions climatiques du territoire sont idéales et variées pour permettre une expression originale du sauvignon – la production se concentre ainsi sur un rectangle de 100 km est/ouest et 50 km nord sud qui présente des différences climatiques et géologiques importantes entre mer et montagne ; autant de variétés que l’on retrouve dans les vins produits dans la région. »

Dégustation: Le Vigne di Zanò – Colli Orientali del Friuli – 100% Sauvignon 2010. Les sauvignons du Frioul sont des vins de garde même si l’usage veut qu’ils soient consommés dans l’année. L’acidité tend à se perdre mais le véritable support du vin est cette structure qui perdure et donne une profondeur aux sauvignons du Frioul. D’un point de vue aromatique, on s’approche plus de la fleur du sureau que de l’agrume. La sensation de sucrosité est là aussi due à la structure du vin et non à d’éventuels sucres résiduels. Prix : entre 4 et 15€ - 12€ pour le vin dégusté.

 

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Benoît Roumet – Directeur du Bureau Interprofessionnel des Vins du Centre

« Nous sommes situés au centre de la France, à 200 km au sud de Paris. Le sauvignon blanc est présent dans nos 6 AOC (Sancerre, Pouilly Fumé, Menetou-Salon, Reuilly, Coteaux du Giennois, Quincy) et représente 75% de l’encépagement pour 82% de la production.

« Traditionnellement et avant le phylloxéra, nous produisions surtout des rouges et des rosés : essentiellement des pinots et des gamays. Le sauvignon blanc a eu une très bonne acceptation de la greffe et nous avons eu tout de suite de bons résultats qui ont accéléré la mutation du vignoble vers les vins blancs.

« Le climat est majoritairement semi continental, un climat très adapté au sauvignon blanc – même s’il y a des différences marquées dans la région voire au sein des appellations. Il n’est pas rare d’avoir 2 à 3 semaines de différence dans la maturité des raisins. L’influence du millésime est donc fondamentale.

« On distingue quatre types de sols : sables et graves (Quincy et Reuilly) ; argilo-calcaires (Giennois, Sancerre, Menetou, Pouilly) ; calcaires (ou « caillotes ») à Sancerre et Pouilly-Fumé ; puis les argiles à silex de Menetou , Sancerre, Pouilly et des Coteaux du Giennois. Ces climats et ces sols vont fortement influencer le sauvignon blanc et donner naissance à des vins de typologies différentes.

« Au cours des 5 dernières années, les producteurs ont mis en avant des productions parcellaires qui vont jusqu'au bout de la notion de terroir. Le choix du moment de vendange est aussi primordial : il marque fortement le vin – chronologiquement, on passe du « pipi de chat », aux arômes plus citronnés pour finir sur le fruit exotique. Selon les millésimes, il va donc falloir savoir vendanger au bon moment.

« Le plus souvent, en Centre-Loire, l’arome caractéristique est celui du pamplemousse. Ce cépage exprime tellement les différences, qu’il faut le respecter tout au long de la vinification : pressurage, élevages longs sur lie fine et en cuves à 99%... Surtout pas de bois, ou alors en grand volume pour ne pas trop marquer le vin : c’est comme le sel, si on le sent c’est qu’on en a trop mis !

« Les vins de Centre-Loire se boivent dans les 2 ou 3 ans, cela dépend des styles de sol surtout. Certains peuvent attendre 15 ans voire plus, surtout si les vignes sont plantées sur des terroirs de silex. Pour finir et pour parler des accords : comme on dit chez nous, on boit ça tout seul ! Dans la région, nous avons 5 appellations de fromages de chèvre et c’est un choix harmonieux quoique la cuisine asiatique et plus particulièrement japonaise se marie aussi très bien avec nos vins.

Dégustation : Pouilly Fumé 2010 – Benoît Roumé. Très classique sur terroir de silex : fraicheur, discrétion aromatique, finesse, longueur et équilibre constituent ce que l’on peut attendre d’un sauvignon du Centre-Loire. Prix : entre 6€ et 120€ - celui-ci 8€ à la propriété.

 

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La troisième édition du Concours Mondial du Sauvignon a eu lieu les 16 et 17 mars à Bordeaux dans les locaux de l'ODG Bordeaux et Bordeaux Supérieur. Cette confrontation est destinée à promouvoir les vins issus de ce cépage et faire connaître au public la richesse et la diversité des sauvignons blancs du monde. La prochaine édition du concours aura lieu les 26 et 27 avril 2013 au Château de Blois dans le Val de Loire – haut lieu s’il en est de la culture de ce cépage ; une itinérance naturelle pour ce concours dont la vocation est de fédérer, promouvoir et encourager l’excellence sur la « planète sauvignon blanc ».

 


Frédéric Galtier

Plus d'info: Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. | (+34) 687 301 326 | @concoursmondial

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